jeudi 30 avril 2015

Semaine 24 - Elocution : Piaulette couve des oeufs de Pâques





Piaulette couve des oeufs de Pâques


Piaulette fut la première poule à vouloir couver. Elle s’en alla à la recherche d’un nid que la fermière ne découvrirait pas. Mysti et Mystigouri, les moineaux friquets, connaissaient, au fond du hangar, un recoin sombre où la fillette de la fermière avait oublié des jouets. Il y avait, dans ce recoin, un vieux chapeau de feutre et, au fond de ce chapeau, trois oeufs de la grosseur des oeufs de poule, mais verts et piquetés d’étoiles rouges.

Mysti et Mystigouri conduisirent Piaulette devant cet étrange nid. Piaulette s’accroupit dans le vieux chapeau et s’immobilisa, bien contente. Pendant trois semaines, elle couva ainsi ; à peine prenait-elle une minute, de temps en temps, pour boire et manger.

Le vingt-deuxième jour, elle commença à s’inquiéter. Le vingt-troisième, elle s’impatienta, se leva et donna quelques petits coups aux coquilles bariolées. Enfin, le vingt-quatrième jour, elle se mit en colère et frappa du bec à si grand coups que les coquilles s’ouvrirent...

Cinq minutes plus tard, Piaulette, affolée, courait par la basse-cour : «Venez vite ! Venez vite !... Mes poussins ne peuvent se tenir sur leurs pattes... Je ne sais pas ce qu’ils ont !». Et chacun put voir trois petites boules d’ouate jaune, avec un bec en celluloïd, des yeux de verre et des pattes en vil de laiton.

Piaulette avait couvé des oeufs de Pâques.


E. Pérochon (Le livre des quatre saisons)








Parlez :

1/ Que voulait faire Piaulette ? Où alla-t-elle ?



2/ Que connaissaient Mysti et Mystigouri, au fond du hangar ? Qu’y avait-il dans ce recoin ?



3/ Que firent Mysti et Mystigouri. Et Piaulette, que fit-elle ?



4/ Qu’arriva-t-il, le vingt-deuxième jour ? Le vingt-troisième ? Le vingt-quatrième ?



5/ Cinq minutes plus tard, que faisait Piaulette ? Dites ce qu’elle criait. Et qu’est-ce que chacun put voir ?... Finissez l’histoire.



6/ Que pensez-vous de Mysti et Mystigouri ? de Piaulette ?












Semaine 24 - Vocabulaire : Carillons de Pâques






Carillons de Pâques



Au soleil levant de Pâques, vous assistez à l’éveil des carillons. Ce sont d’abord des tintements épars, allant d’une église à l’autre. La vibration de chaque cloche monte dans le ciel du matin. Puis, peu à peu, en grossissant, elles se fondent l’une dans l’autre, dans un magnifique concert.



Victor Hugo (Notre Dame de Paris)





Etudiez les mots :

1/ Remarquez l’orthographe de Pâques.

Un carillon est une réunion de cloches ; c’est aussi la sonnerie exécutée par ces cloches.
Qu’est-ce que carillonner ?





2/ Un cloche tinte quand elle sonne lentement, par coups espacés ; sa sonnerie est alors un tintement.

Une cloche sonne à la volée quand elle sonne à grands coups, de toutes ses forces.






3/ Que signifie le mot épars ?

Vibrer, c’est trembler et produire un son.
La vibration est l’action de vibrer.






4/ Fondre la neige, c’est la rendre liquide ; fondre les couleurs, c’est les rendre liquides et les mêler.

Les vibrations de cloches se fondent ; que veut-on dire ?






5/ Un concert est un ensemble de voix ou d’instruments de musique qui s’accordent.







Ecrivez les mots

sonner, carillonner, tinter, vibrer, fondre

Pâques, une sonnerie, un carillon, un tintement, une volée, une vibration, un concert

épars







Employez les mots :

1/ Mettez le mot convenable : isolée, vibre, carillons, concert


Le cristal tremble quand on lui donne un léger choc : il........

Si l’on fait vibrer un seul verre, une seule fois, la vibration est..........

Certaines horloges ont plusieurs clochettes ; on les appelle des........

Quand les oiseaux chantent ensemble, on peut dire que cela fait un .........







2/ Faites une phrase avec chaque mot : tinter, fondre, épars.


dimanche 12 avril 2015

Lecture : Le petit chat perdu (Colette)









Le petit chat perdu



-1-

Le petit chat est revenu ! J’en ai donné la nouvelle à tout le voisinage, occupé depuis trois jours du petit chat perdu...

«Vous n’auriez pas vu un petit chat, petit comme ça, peuchère(1) ?
... Il a partout des raies et des raies et, sur le devant, une bavette blanche ; c’est Grignoulet qu’on l’appelle.»



-2-

La mère chatte, douce et fine, faisait moins de bruit que nous, mais quand elle appelait, c’était toujours du même accent. Elle appelait son fils par son nom ignoré des hommes, et pas trop haut, pour ne point attirer l’attention des seigneurs matous. Ceux-ci sont une clique bonne à pendre...

La mère chatte cherchait son fils. Elle attendait que finissent nos grandes manifestations, nos mini-mnini suraigus, nos «Grignouêêê !» prolongés en lamentations. Elle ne courait pas de côté et d’autre, ni ne se jetait la tête aux murs, mais elle se postait à des endroits connus d’elle... Elle gravissait(2) un certain arbre, recueillait des indices(3) mystérieux au ras de la route. Quel avertissement la décida ? Elle partit et ne revint de trente heures. Devions-nous déjà la pleurer ?



-3-

Le surlendemain, vers neuf heures, sur une de ces pistes étroites..., entre les vignes..., je vis de loin venir la chatte, qui ramenait son petit chat... Un roucoulement maternel stimulait (4) la fatigue du petit chat, le pressait d’avancer ; elle allait donc à grands pas laissant peiner à son flanc le fils trottinant et déjà amaigri. Pattes brèves dans l’ombre des longues pattes..., ainsi vont le poulain mené par la jument, le chamelet au bas de la haute chamelle, l’agneau sous la brebis, ainsi courait le petit chat...

Toute mon attention s’attachait à la mère chatte dont les larges yeux fiers,.... le vague sourire errant, le doux langage enroué proclamaient : «C’est moi qui l’ai retrouvé, moi, moi, et nul autre...."



-4-

Le retrouvé n’encourut naturellement nulle punition, redevint l’hurluberlu(5), le maladroit qui casse un vase, l’imprudent qui grimpe au faîte d’un arbre et y prend le vertige, l’inopportun qui marche sur le papier à mouches. Un petit chat très ordinaire, je vous assure. Mais sa mère n’est pas de mon avis...


Colette (Journal à Rebours)













Explication des mots :


(1)Peuchère : exclamation provençale : Pauvre petit !


(2)Gravir : gravir les marches d’escalier ; en gymastique, gravir une échelle.


(3)Indices : nous jouons à cache-cache : un béret oublié, une écharpe sont des indices qui guideront jusqu’à notre cachette. 
Quels indices la mère chatte peut-elle recueillir au ras de la route ?


(4)Stimuler : le petit chat revient bien fatigué de son escapade ; sa mère miaule tendrement pour le stimuler.


(5)Hurluberlu : semblable à beaucoup d’enfants étourdis, le petit chat est dans la lune.









Racontez :

1/ Faites d’après le paragraphe 1, le portrait du petit chat.


2/ Que fait la chatte pour retrouver son petit ?
Ne l’ayant pas trouvé aux abords de la maison, que fait-elle alors ?


3/ Combien de temps la mère chatte a-t-elle mis pour retrouver son fil ?
Montrez que celui-ci est bien fatigué de son escapade.


4/ Quelles sottises fait le petit chat ?
Pourquoi s’était-on tant intéressé à lui ?